Morsures – rapport n° 3

Lieu : Haute-Corse, commune de Palasca, plage de l’Ostriconi

Date : 9 aout 2011
Informations découverte : Cathy Cesarini – CARI
Photographies : Cathy Cesarini – CARI, total : 2
ref : MSRG-Corse / 2011.2 Tursiop truncatus ♀ / 14-08-2011 / VM

Circonstances de l’observation

Sujet : Grand dauphin (Tursiops truncatus), femelle, adulte, cadavre en voie de décomposition.

Les deux clichés réalisés sur la plage montrent essentiellement le dauphin sur son flanc gauche, avec absence de perspectives sur le flanc opposé comme sur les zones dorsales et ventrales. L’examen pratiqué écarte néanmoins de manière définitive tout autre impact.

On note à l’évidence deux zones d’attaque, chacune d’elle se situant en partie dorsale du T. truncatus

L’animal mesure 1, 90 m.

La durée de séjour du cadavre dans l’eau avant échouage est d’au moins trois jours et demi.
Un gonflement affecte de manière marqué le flanc gauche qui a été exposé au soleil.
La peau présente des surfaces desquamées dans la partie proche de la tête

Description objective des morsures

1° au niveau postérieur de l’aileron, avec une surface large (mais difficilement observable)
2° au niveau de la partie supérieure du pédoncule caudal elles sont particulièrement ciblées puisque l’on dénombre apparemment 8 à 9 morsures sur le détail photographique.

Une morsure unique semblerait affecter l’extrémité de la partie droite de la palette caudale.

Analyse

Ceci signifie à priori qu’aucun organe vital n’a été atteint et que le ou les prédateurs se sont concentrés sur des parties adipeuses, non sans atteindre, les muscles peauciers.

Dans leur ensemble, le siège des morsures ne parait pas suffisant à compromettre la mobilité d’un dauphin.

Plaident en faveur d’un charognard :

  • la localisation en phase dorsale,
  • le nombre des bouchées prélevées
  • l’absence apparente d’hémorragie.

Nous avons eu ultérieurement confirmation de ce phénomène : ce spécimen de Grand dauphin avait été observé mort et intact au large de Galeria (Haute-Corse, côte ouest) le samedi 6 août avant de se retrouver, le 9, au nord-ouest de l’ile, avec traces de prédations.

En considérant la liste des requins présents en Méditerranée (ref. A. De Maddalena -Haie in Mittelmeer, Kosmos, 2005), et en excluant ceux dont les mœurs alimentaires ne correspondent pas avec le cas concerné, comme ceux dont les dents provoqueraient des dilacérations nettement différentes, il est possible de retenir quelques candidats potentiels. Sans disposer d’une vue très nette du détail de chaque morsure, il semble que le prédateur soit un Carcharhinidé, comme permet de le discerner la faible pénétration des bouchées.

Dans cette Famille, le Peau bleue (Prionace glauca) ferait un candidat sérieux, étant relativement abondant dans la zone, et notamment connu pour apprécier les cadavres de cétacés, en surface notamment. Les morsures présentent une forme parabolique régulière.

Bien que l’espèce cible fréquente davantage les eaux côtières que celles du large, cela ne constitue pas un caractère limitatif à l’action de ce squale.

Remarques

Les clichés fournis demeurent difficiles à lire.

L’absence d’individualisation des morsures, avec échelle, constitue également une limite à l’exercice d’identification de l’espèce prédatrice

L’absence de cliché des desquamations ne permet pas de postuler pour des abrasions de contact avec un requin, il peut s’agir d’un phénomène lié à la décomposition du corps.

Vincent Maliet / Corsica – MSRG

Photos © Cathy Cesarini – CARI / 9 aout 2011

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