Aileron en vue. Que faire ???

Vous voyez un aileron en surface, que faire ?

Ne cédez surtout pas à la panique ! Il n’y a aucune raison.

Ne vous emballez pas systématiquement, pas besoin de vous repasser en boucle la musique des « Dents de la mer ». S’il est totalement vrai qu’une attaque de requin peut potentiellement survenir n’importe où à la mer, il existe des lieux, des configurations topographiques et des paramètres liés à des sources alimentaires ou d’autres facteurs encore, comme la faible visibilité ou la pollution, que l’on ne rencontre que fort peu en Méditerranée, moins encore en Corse. Nous ne sommes pas en Floride (où surviennent le plus grand nombre d’attaques), ni à Hawaï, ni en Afrique du Sud, ni en Australie, ni au Brésil, ni à La Réunion (7ème rang mondial). Le Global Shark Attack File a enregistré pour 2013 un total de 116 attaques à travers le monde (parmi elles, 19 sont considérées comme provoquées ou dont l’implication de requin n’est pas vérifiée). Seules 13 attaques ont été mortelles cette année. Il est donc important de relativiser les choses, quand on pense au nombre de personnes qui fréquentent l’espace marin, sur et sous l’eau, la durée et la fréquence…

De ce fait, les probabilités d’une rencontre augmentent. Si vous êtes en bateau, modérez votre vitesse, progressez sur une route qui ne va pas occasionner de gêne pour le sujet repéré.
Efforcez-vous d’identifier clairement l’animal présent. Cela n’est pas toujours évident : on peut avoir à faire à un poisson-lune (du genre Mola mola par exemple), à un espadon, voire même à une tortue, si ce n’est un cétacé.

Dans ce dernier cas, nous vous renvoyons vers les spécialistes insulaires :

Cétacé Association Recherche Insulaire, exerçant sur l’ensemble du littoral de la Corse avec un point focus dans les Agriates (et s’intéressant également aux tortues marines).

Mais vous pouvez, bien sûr, être en présence d’un élasmobranche. Essentiellement, deux espèces sont concernées.

Si vous pensez être en présence d’un requin pèlerin, reportez-vous aux conseils et présentés sur la page dédiée aux précautions à prendre.

Les confusions sont fréquentes entre le Grand blanc et le pèlerin (voir le mako ou même le peau-bleue)… Le plus souvent, les photos et les vidéos qu’on nous montre, pensant spontanément qu’il s’agit du premier, révèlent la présence du second, plus fréquemment rencontré dans la partie nord du bassin occidental de la Méditerranée.

Toutefois, s’il se confirme que vous êtes bien en présence d’un Grand blanc, évitez de vous exciter. Approchez le plus calmement possible, sans faire de grands mouvements. Il serait intéressant de capturer des images de son aileron dorsal. Le dessin irrégulier du bord postérieur de cette nageoire est propre à caractériser les individus. Un laborieux travail d’expertise ultérieur, sur la base de vos photographies et/ou vidéos, devrait permettre d’identifier avec précision des spécimens, avec un taux de fiabilité pouvant atteindre 98%. Retournez-nous ensuite au plus vite vos informations.

Si vous pensez être en présence d’un Diable de mer méditerranéen, qui ressemble à une raie manta, reportez vous aux préconisations adaptées à votre situation.

Profitez de votre rencontre, photographiez, filmez et… venez nous en faire le rapport, quelque soit l’espèce !

Il n’y a aucune raison pour vous mettre à l’eau la peur au ventre. Alors, profitez !

Vous êtes dans l’eau ou sous l’eau ?

Même si vous vous sentez comme un poisson dans l’eau, vous n’êtes qu’un simple visiteur dans ce monde marin. Efforcez-vous de garder votre calme, de ne pas laisser votre cœur s’emballer. Il n’y a pas de raison, à priori mais la règle n° 1 demeure naturellement la prudence, alliée au bon sens. Sachez que la plupart des attaques se déroulent au large et non à la côte, gardez donc l’esprit tranquille en nageant.

Au chasseurs sous-marins, on conseillera notamment de ne jamais garder à la ceinture les poissons capturés, et de les remonter sur leur bateau ou au rivage.

En cas de rencontre avec un Diable de mer ou un Pèlerin, abstenez-vous de nous approcher trop près. Ne prenez pas le risque de vous faire emboutir inutilement, vous risqueriez de vous assommer et donc de vous noyer…

Si c’est un Grand blanc que vous avez vu arriver, ne vous affolez pas.  Prudence étant mère de Sureté, il est conseillé de chercher à sortir de l’eau rapidement, sans pour autant avoir des gestes désordonnés, ni céder à la panique : le requin pourrait interpréter les ondes reçues comme signalant un animal en détresse. Si vous êtes en train de chasser, assurez-vous de ce que vos captures soient le plus loin possible de vous, quitte à les abandonner à nettement plus fort que vous. Si vous êtes en exploration bouteille, efforcez-vous de vous adosser à une paroi rocheuse, où restez dos à dos avec votre binôme. Ayez toujours un œil sur votre visiteur. Un requin qui se sait vu est en général moins enclin à demeurer à proximité. Le plus probable est que ce dernier reparte comme il est venu. Assurez vous qu’il ne soit pas simplement hors de votre champ de vision, car lui continue de « sentir » votre présence… Regagnez ensuite calmement la surface et votre embarcation.

En tous les cas, s’il se montrait menaçant ?

Evidemment, personne ne peut exclure cette possibilité. Et, très objectivement, dans ce cas les chances de s’en sortir indemne sont faibles mais elles existent. Efforcez-vous de regagner la surface en ayant votre prédateur toujours à vue : un regard constant devant, derrière, sur les côtés comme dessous, sans pour autant tourner comme une girouette un jour de grand vent ! Attentif, vigilent mais sans gestes saccadés.

Si vous disposez d’un appareil photo en caisson (ou si vous avez la chance de trouver un objet susceptible de faire défense), servez-vous en comme d’un débordoir pour vous aider à repousser l’animal devenu entreprenant. Poussez-le au niveau des branchies, des yeux ou du museau, mais ne jouez pas à l’apprenti sorcier en décidant de tenter de mettre le squale catalepsie. De même, si vous êtes un photographe dans l’âme, ne vous acharnez pas à faire les paparazzi de service : la batterie et le flash génèrent des ondes capables d’énerver le requin. Coupez-les.

En dernier ressort, si l’attaque venait à se produire, sachez que les chances de vous en sortir existent. Résistez comme vous pouvez, en visant les yeux ou/et les branchies, parties sensibles des requins. Venant tester votre réactivité, votre résistance peut le dissuader d’aller plus loin. Dans le cas où la morsure s’avère inévitable, n’hésitez pas à vous servir de vos mains et de vos poings pour taper. Si vous êtes blessé, l’instinct de survie aidant, efforcez-vous de gagner au plus vite un endroit sûr : la plage ou le bateau, là où vous pourrez trouver du secours. Quand il est parvenu à saigner une proie, le squale ne revient pas systématiquement à la charge dans les minutes qui suivent. Il a pu s’agir d’une morsure exploratoire, gustative. Il peut vous délaisser, sans vous trouver à son goût. Le néoprène n’est pas particulièrement attrayant. Un plongeur risque moins qu’un nageur sur ce plan. Evidemment, les bouchées sont souvent un peu grosses… Mais le chasseur prend souvent la précaution de laisser sa proie blessée se fatiguer avant de revenir continuer un travail qu’il espère plus facile.

De grâce, arrêtez toutefois de « psychoter » inutilement, n’oubliez pas que les attaques sont fort rares en Méditerranée, que vous risquez davantage de succomber à la piqûre d’un moustique qui serait vecteur d’une virus mortel. C’est dire si vous pouvez vous baigner sereinement ! N’y pensez plus…

Il se peut finalement que vous ayez aussi à vous confronter à un Peau bleue, seul ou en banc. L’espèce est peu dangereuse en l’absence de stimulus particulier. Les jeunes spécimens viennent parfois à la côte, ce qui est tout à fait normal. Dans ces eaux basses, ils évitent la présence des adultes comme les requins d’autres espèces, qui pourraient bien les afficher à leur menu. C’est aussi pour cette raison que les femelles parturientes mettent bas dans des zones moins profondes. Il semble bien que le Golfe du Lion et la mer Ligure fassent office d’aire de nurserie. Profitez du spectacle. Avec le peau-bleu, on totalise depuis le XVIe siècle 13 attaques mondiales, dont 3 mortelles, avec des adultes qui vivent au grand large. Respirez donc calmement. Dans le pire des cas, frappez simplement la surface de l’eau depuis le bord de plage : le requin n’appréciera pas et s’éloignera.
D’autres, comme le Milandre, évoluent également en proximité du littoral ; ils peuvent migrer en petits groupes et sont réputés sans le moindre danger, sauf pour le pêcheur imprudent qui s’affaire à enlever un hameçon et qui peut être légèrement mordu… ou perdre un doigt.

Allez, respirez calmement ! Pas de souci… « Bienvenue en Corse… et bonne chance », comme dirait notre humoriste insulaire…

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