La recherche

Faire de la recherche sur les raies et les requins en Méditerranée n’est pas une entreprise simple. Le premier problème qui se pose est évidemment celui de leur observation dans leur environnement naturel. Pour certaines espèces il est pratiquement impossible, à l’exemple de celles qui vivent à de grandes profondeurs.

Contrairement aux cétacés, les requins n’ont nullement besoin de remonter en surface pour respirer. Par conséquent, leur observation à partir d’un bateau demeure hasardeuse. Le Grand blanc, dont le comportement de prédateur a pu être observé sous d’autres latitudes (Afrique du Sud, Californie…) grâce à l’utilisation de leurres n’a guère été tentée dans notre aire. Il est possible de s’engager dans une telle entreprise, mais elle demande des moyens conséquents, sans garantie de réussite. Elle présente en outre le désavantage de mettre le scientifique face à un requin dont le comportement est artificiellement centré sur la stratégie alimentaire.

Par ailleurs, il faut reconnaitre que l’approche des squales est d’autant plus difficile que l’espèce ciblée se trouve réduite en raison de la surpêche  et que les habitats fréquentés ne sont pas systématiquement à portée de main. De surcroît, il est indispensable de concevoir une observation sous-marine, tant son apport à la recherche est essentiel.

La situation idéale est celle qui vous permet d’observer les requins dans des conditions contrôlées, en proximité de rivage. La Corse offre un relief sous-marin façonné de canyons qui peut s’avérer propice et permettre d’étudier différents aspects de la biologie des élasmobranches. Nous ne connaissons encore que bien trop peu leur comportement réel de prédateur, leurs habitudes de reproduction et leurs relations sociales.

La technologie a sans aucun doute joué un rôle clé dans la recherche sur les requins, offrant de rapides progrès dans le domaine des systèmes de communication, dans le transfert et le stockage de données et la miniaturisation des appareils (balises satellitaires). Avec un tel arsenal, il est possible de faire la lumière sur les différents aspects de leur comportement. Mais il ne faut jamais perdre de vue la recherche ne justifie pas le recours à n’importe quels moyens. L’éthique commande de se montrer aussi peu intrusif que possible, en fonction des problématiques et qu’il faut parfois savoir patienter pour disposer de meilleurs moyens ou de fonds financiers suffisants ou même de renoncer sagement.

La richesse des informations actuellement en notre possession nous ont eu l’occasion d’en apprendre davantage sur les requins, de ne plus les considérer comme une simple menace. Nous savons désormais qu’en Méditerranée, plus qu’ailleurs sans doute, ces animaux sont particulièrement fragiles ; ils méritent respect et considération afin qu’ils continuent de jouer le rôle clé qui est le leur, au sommet de la chaîne alimentaire.

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