Corse, attaques recensées

Vincent Maliet

Le Grand requin blanc est un prédateur qui a pu occasionnellement prendre l’Homme pour cible. Numériquement, les faits tragiques demeurent faibles pour la Méditerranée, et plus modestes encore pour la Corse. Il convient en outre de faire un distinguo entre attaques délibérées et actes de charognards (les canulars ayant leur place dans une rubrique dédiée), ce qui n’est pas toujours possible de déterminer.

Squalus carcharias, Der Menschenfresser, La lamie, The white shark, Krüger jun, dess Schmidt Ludwig, sculp. ; pl 119 – BNF / Gallica cote d11694

1758

1758 a di 7 ottobre, il Signor Capitan Giovanni Marcantoni delle Cannelle di Centuri prese nella sua tonnara nell’arco dell’isola un pesce di circa libre due mila, e apertolo, fù trovato nel corpo di detto pesce un uomo morto, il quale era disguinto dal collo ai fianchi, e da fianchi ai piedi ; tal pesce fu poco conosciuto ; alcuni dicevano che fosse un pesce cane, altri lo battezzavano con diversi nomi ; io pero direi che fosse pesce cane, quale fu portato in altro mare e legato con pietre fu gittato a fondo per il gran puzzo che v’era inteso nel Porto.

Cosi è Fr. Gio Ma Caracciolo

« 7 octobre 1758, le Signor Capitan Giovanni Marcantoni de Cannelle de Centuri prit dans son filet à thon dans l’anse de l’ilôt un poisson d’environ deux milles livres et l’ayant ouvert, on y trouva le corps d’un homme mort coupé en deux parties, du cou au flanc et du flanc aux pieds. On ne connaissait pas vraiment un tel poisson ; certains disaient que c’était un pesce cane, d’autres le baptisaient de divers noms ; pour ma part, je dirais que c’était un pesce cane. On le porta en haute mer, lesté de pierres et il fut jeté au fond à cause de la puanteur qui régnait au Port »

Frère Giovan Maria Caracciolo

Source : Arch. Dép. de Haute-Corse, E 85/13 – Libro Rosso du couvent de Mursiglia (Morsiglia). mentionné in : Collectif, « Les Servites de Marie en Corse »,  Chapitre « La vie conventuelle » (JC Liccia) pp. 209-210, Ed.  Piazzola, Ajaccio, 2000.

Lieu : Cap Corse, commune de Centuri (Haute-Corse), îlot de Capense (isula di Capezza), au sud-ouest du port et à moins de 200 mètres de la pointe littorale ; il se caractérise alentours par la présence d’une baie protégée des vents de sud-ouest et par quelques hauts-fonds sur sa côte septentrionale.

Capezza novembre 2011 – photo © V. Maliet

Poids : environ 652, 96 kg (la Libbra genovese = 326, 48 gr)

Remarque : le témoin est contemporain de l’évènement et a vu le requin, qui pourrait être un jeune adulte. Coïncidence : c’est en cette même année que Carl von Linné fait la première description scientifique de cet animal, sous le nom latin de Squalus carcharias.

Circa 1840

« il y a quelques années, une femme qui lavait son linge sur le môle du port d’Ajaccio fut, dit-on, dévorée par un requin ; et, à peu près vers la même époque, un soldat qui se baignait près du rivage périt aussi sous la dent de ce cruel animal »

CP Ajaccio

Source : Lemps (abbé, de) 1844 – Panorama de la Corse ou Histoire abrégée de ile, et description des mœurs et usages de ses habitants. Paris, ed. A. Sirou. 177 p.

Remarque : témoignage indirect et peu assuré

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