Requins chagrins / Sagru

C. granulosus, PV J. Chavanne 30 08 2014Date : samedi 30 aout 2014
Localisation : golfe de Porto-Vecchio
Type de pêche : inconnu
Profondeur : inconnue

C. granulosus PV 30 08 2014


Ce spécimen d’environ un mètre pour une demi-douzaine de kilos a été découvert, flottant en surface.

Informateur : Jérémy Chavanne

Il y a tout lieu de penser qu’il a pu échapper au pêcheur, ou que ce dernier l’a remis à l’eau mais que le requin n’a pas survécu à cet épisode.

Détermination :

La caudale est pourvue d’un lobe terminal en partie haute du lobe supérieur. Indiscutablement, cette caractéristique permet d’identifier ce spécimen comme étant un Requin chagrin (Centrophorus sp.), et non comme un aiguillat (Squalus spp.). Par ailleurs, la forme même de ce lobe terminal, avec une encoche à la base, autorise par ailleurs à certifier Centrophorus uyato, le centrophore  à bouche noire.

A noter que certains scientifiques contestent l’existence de cette espèce ; ces genres nécessitent effectivement une révision au niveau mondial (Daley et al. 2002, Lloris & Rucabado, 1998).


C. uyato.jpeg

Bibliographie
Daley, R.K., Stevens, J.D. & Graham, K.J. (2002) – Catch analysis and productivity of the deepwater dogfish resource in southern Australia. Report by CSIRO Marine Research and NSW fisheries to the Fisheries Research and Development Corporation. FRDC Project 1998/108.
Lloris, D. & Rucabado, J. (1998) – Guide FAO d’identification des espèces pour les besoins de la pêche. in Guide d’Identification des Ressources Marines Vivantes du Maroc. FAO, Rome : 263p.
= = = = =

C.granulosus  100 cm de long 13,5 cm de largeDate : lundi 5 août 2013
Localisation : centre de la fosse de Cargèse
Armateur/pêcheur : Alain Marcucci
Type de pêche : filet trémail ciblant la langouste
Profondeur : 400 m environC.granulosus  100 cm de long 13,5 cm de large (3)

Capture de 4 aiguillats ; observation de l’anatomie interne effectuée à quai.

Gonade (glande génitale femelle) ; en arrière plan l’un des deux lobes du foie.

C.granulosus 8 aout 2013, 54 cm long 7cm large, tete de maqueraux  estomac (3)L’une des caractéristique de l’espèce : la présence d’une aiguille précédant chacune des deux nageoires dorsales.

Observations : Kevin da Cunha de Freitas Leal

 

– – – – –

Date : dimanche 28 juillet 2013
Localisation : fosse de Cargèse – sud / sud ouest du golfe de Rocca marina (port)
Armateur/pêcheur : Charles et Eric Capodimacci
Type de pêche : filet trémail
Profondeur : 330 mètre de fondC. granunolosus Cargese 2013

Capture non ciblée de dix spécimens ; deux n’ont pas survécu (observation à quai, Cargèse), les autres ont été relâche.

Le premier mesurait environ 101 cm de long ; le second 102 cm. Les contenus stomacaux n’ont rien révélé.

Dans dans le tractus génital du premier individu a été observé une sphère pleine de vaisseau sanguin, remplie d’un liquide jaunâtre/blanc. Même observation chez le Centrophorus granulosus, individu 1, A.Marcucci, cargèse, 28 07 2013 (6)second, où elle mesurait 5, 5 cm de diamètre.

Tête de l’individu n°1 ; l’œil vert est une caractéristique pour bon nombre des requins de grande profondeur.

L’examen attentif des narines de l’un des spécimens a révélé la présence d’un ectoparasite Isopode Cg 4bis(parasite externe). En l’occurrence, il s’agit d’un Crustacé isopode que Jean-Paul Trille, professeur émérite de l’Université de Montpellier, pense pouvoir identifier comme étant un jeune spécimen de l’espèce Aega rosacea, déjà mentionné sur des élasmobranches en Méditerranée. Ce prédateur se fixe temporairement sur son hôte pour se nourrir à partir de son sang (à la différence notamment des anilocres, dont la fixation est permanente).

Observations : Kevin da Cunha de Freitas Leal

Source :
Moreira P. S. & Sadowsky V. (1978) — An annotated bibliography of parasitic Isopoda (Crustacea) of Chondrichthyes. Boletin do Instituto Oceanografico, Sao Paulo 27 (2): 95-152

= = = = =

Date : jeudi 28 juin 2012
Lieu : Furiani (Haute-Corse), lieu-dit Pineto 2

L’étang lagunaire de Biguglia (u stagnu di Chiurlinu, à 4 km au sud de Bastia) est séparé de la mer, avec laquelle il communique par ailleurs, par un lido : fragile cordon de dunes aux sables fins et meubles, connus pour leur végétation vivace et résistante. Cet espace naturel classé est géré par le Conseil Général de Haute-Corse.

Observateurs : Lucien Casanova et Paul-Marie Ghipponi
Contexte : visite d’inspection des agents sur le cordon dunaire

Un requin de petite taille, presque totalement desséché par le soleil, a été découvert sur le sable. Il se situait loin de l’eau, au plus haut de la dune. Il est impossible de préciser si cette position est consécutive à une tempête (fortes précipitations aux alentours du 20 mai) ou à un déplacement imputable à un animal (absence des fentes branchiales droites) voire à un humain.

Une large béance à l’emplacement des branchies droites permet d’envisager la visite d’un prédateur (rat ou goéland ?).

Détermination :

L’absence de nageoire anale, la présence d’aiguilles en avant des deux ailerons dorsaux et la taille enfin (dimension maximale, imprécise : 69, 5 cm) nous orientent, avec la physionomie générale de ce spécimen, vers les Squaliformes, difficiles à définir…

Plus précisément, au regard de l’implantation des nageoires et de la forme des dents, nous pensons être en présence d’un Centrophorus.

Deux espèces sont déclarées pour la Méditerranée : C. granulosus et C. uyato. Elles ont donné lieu en Corse, par le passé, à une pêche expérimentale, notamment dans le golfe d’Ajaccio.

Néanmoins, étant donné l’état général des connaissances sur les Centrophorides, mal assurées comme pour beaucoup d’autres requins de profondeur, une révision taxonomique mondiale s’impose. Les caractéristiques morphologiques permettant de les distinguer sont subtiles et il est extrêmement facile de les confondre, même pour un œil exercé. La prudence demeure donc de mise.

De manière générale, inféodées aux eaux profondes, ces espèces évoluent dès 60 m et 1 400 m en Méditerranée (la plupart du temps entre 300 et 800 m), se répartissant selon le sexe ou l’âge (études menées par le professeur Rancurel).

L’examen des denticules dermiques (ou odontodes), nous autorise à postuler en faveur de C. granulosus, Requin chagrin dénommé Sagru (ou Sagrinu) à Ajaccio, Sagru à Calvi ou Spinarolu à Bonifacio.

Détail de l’assemblage des denticules, en forme de coquille Saint-Jacques chez Centrophorus ganulosus.
Dessin extrait de : Fischer W, Schneider M & Bauchot M.-L. (1987) – Guide d’identification des Espèces pour les besoins de la pêche – Méditerranée et mer Noire ; zone de pêche 37. FAO, vol 2. Rome.
cuspide : partie pointue
denticules dermiques  (également appelée « denticule cutané » ou odontodes) : écailles placoïdes couvrant souvent par milliers le corps des élasmobranches. Ces denticules pointent vers l’arrière du corps et sont enchâssés dans le tissu dermique ; chacun présente une base osseuse plus ou moins aplatie et une scutelle lisse ou ornée, constituée de dentine et recouverte d’émail.

© Pascal Deynat – Odontobase® (avec l’aimable autorisation de l’auteur)

Denticules en forme de coquille Saint-Jacques, caractéristiques du Centrophorus granulosus, sous microscope électronique à balayage – photo publiée avec l’aimable autorisation de Pascal Deynat – Odontobase.

Créée en 2001 par le docteur Pascal Deynat, Odontobase® recense les caractéristiques du revêtement cutané des requins et des raies.
La plupart des espèces actuelles d’élasmobranches sont en effet recouvertes d’un revêtement cutané constitué de milliers d’odontodes. Ces structures particulières présentent une origine dermo-épidermique, comme celle des dents, et se renouvellement constamment tout au long de la vie de l’animal : c’est la raison pour laquelle on les appelle également denticules cutanés ou écailles placoïdes.
Les denticules cutanés ont une taille variant de quelques dixièmes de millimètres à plusieurs millimètres de longueur. Ils se différencient en éléments hypertrophiés chez certaines espèces, telles les boucles, tubercules, aiguillons ou épines. Recouvrant la grande majorité du corps et de la cavité buccopharyngée, leur morphologie est très variable, tant entre les espèces que sur un même individu, et des variations entre mâles et femelles peuvent également être observées.
Afin de savoir s’il était possible d’utiliser les caractéristiques de ces « écailles » dans l’identification des espèces, de nombreuses analyses ont été effectuées par l’intermédiaire de la microscopie électronique à balayage. A forts grossissements, de nombreuses caractéristiques, telle la présence d’un micro-relief alvéolaire, peuvent être ainsi mises en évidence. Ces données permettent de préciser l’identification probable des espèces à partir d’un simple échantillon de peau.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s