Les poissons, ça n’existe pas !

Vous êtes sérieux ? Tout le monde sait çà : les poissons sont des animaux vertébrés aquatiques à branchies, pourvus de nageoires et dont le corps est, le plus souvent, couvert d’écailles. On les trouve aussi bien en eau douce que dans les mers.

Oui, nous sommes sérieux : les poissons, ça n’existe pas...
C’est une affirmation scientifique. Aujourd’hui, ce terme ne veut aujourd’hui plus rien dire et ne peut plus être considéré comme valide. L’utilisation des arbres de relations de parenté permet de mieux comprendre la diversité et la biologie des différents groupes que l’on regroupait communément comme « poissons ». Cela se nomme « phylogenèse ».

Quelles places occupent donc ces « poissons » au sein des Vertébrés, réunissant les espèces possédant un squelette interne axial ? Quelles relations de parenté existent-ils entre-elles ?

Pour classer des organismes, pas d’Etat-Civil, pas de registre généalogique. Il faut donc les caractériser, chercher qui est le plus proche de qui. Cela ne se fait plus en plaçant l’Homme comme un aboutissement suprême de la l’Evolution, qui dérive en réalité d’une vision modelée par la religion, par le « créationnisme ». L’organisation du divin a eu la vie longue… jusqu’au années 50, voire bien au delà encore, avant de quitter les bancs d’école !

Le groupe des « poissons » ne possède pas d’ancêtre commun exclusif. Leur ancêtre est également celui du rat. Par conséquent, le groupe des poissons n’existe pas dans la classification phylogénétique.

Désormais, on définit un groupe par la présence d’un caractère spécifique (et non par l’absence d’un critère).

Parfait… Mais, dites voir n’ont-ils pas de nageoires, ces poissons qui n’existent pas ?

Evidemment, mais ne nous arrêtons pas à cet aspect un peu trop évident pour être suffisant. D’ailleurs, les cétacés n’ont-ils pas des nageoires également, alors que chacun s’accorde à les définir comme des Mammifères, et à ce titre dotés de mamelles  ? Et, à y regarder de près, les nageoires du Cœlacanthe ressemblent aux pattes de certains tétrapodes (tétra = 4 ; podes = pattes. Il s’agit de vertébrés qui évoluent en milieu terrestre : Amphibiens, Oiseaux, Mammifères, Crocodiles… et même les serpents, qui ont perdu les leurs). Comme l’Homme, il possède un humérus et un fémur ! De ce fait, le Cœlacanthe se trouve davantage apparenté avec notre espèce qu’avec la truite, qui n’en possède pas !

En fait, les pattes ne sont rien d’autre que des dérivés de nageoires (et celles des cétacés sont régressives, à la faveur d’un retour à la mer). Les nageoires des gardons, des barracudas ou des requins sont considérées comme « primitives » (on dit aussi « plésiomorphe »). La théorie de l’Evolution repose classiquement sur les caractères partagés d’un ancêtre commun.

Il faut faire des comparaisons qui prennent en considération de nombreux critères, en se méfiant des faux amis : certains caractères apparaissent dans les différents cheminements évolutifs. Mais quoi de commun entre l’aile du papillon, de la chauve-souris et celle de l’oiseau ? L’oeil ne permet pas de faire toutes les différences pour déterminer qui se trouve au plus proche de qui. En dehors de l’anatomie comparée (y compris les données apportées par la paléontologie) ou de l’embryologie, il faut également questionner  la biologie moléculaire, l’ADN.

Mais alors, c’est un vrai casse-tête !

Oui, c’est vrai, on ne peut rien vous cacher… C’est un long chantier de classement qui est en cours et qui progresse au fur et à mesure des découvertes.

Pour faire simple, on connait déjà une séparation entre ces poissons au squelette osseux (Ostéichtyens) et ceux aux squelette cartilagineux. Le chat et l’espadon sont plus proches, sur ce point qu’ils ne le sont de la raie guitare ou du requin tigre. Précisément, ces derniers entrent dans la seconde catégorie, avec les chimères (caractérisés par 4 fentes branchiales, des dents fusionnées et un flagelle allongé). On les nomme désormais Chondrichtyens, ce qui désigne, en grec, la qualité de leur charpente cartigineuse. Leur peau n’est jamais couverte d’écailles : elle est parfois nue, parfois couverte de denticules.

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